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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 17:20


Et si Bernadette voyait encore juste ? On dit souvent qu’elle se trompe peu dans ses pronostics, lorsqu’elle s’exprime. En déclarant, hier dans une interview au Nouvel Observateur, que « la messe n’était pas dite » et que l’on n’était pas encore « dans l’après-Chirac », la première dame de France a relancé les spéculations sur l’avenir de son mari de président.
    Jacques Chirac serait-il encore capable de se représenter en 2007 à près de 74 ans ? On sait qu’il est prêt à tout pour empêcher son ennemi Nicolas Sarkozy de devenir Président de la République mais il serait raisonnable qu’il sache laisse la place aux jeunes (enfin aux moins vieux). Comme on dit aux sportifs, il faut savoir s’arrêter au sommet avant de faire l’année de trop ! Certes le bilan de Jacques Chirac, en politique intérieure, n’est pas des plus glorieux, mais rempiler pour un nouveau quinquennat ne serait pas raisonnable.
    On peut penser ce que l’on veut du programme du candidat Sarkozy, mais l’une de ses propositions, au moins, me semble sage : limitation à deux mandats maximum.

Comment veut-on que les jeunes s’intéressent à la politique, si nos politiciens font carrière plus de 40 ans. Jacques Chirac était déjà secrétaire d’Etat du Général de Gaulle dans les années 60, puis il a connu Pompidou, Giscard et Mitterrand avant de prendre leur place à l’Elysée. Il serait grandement temps qu’il quitte la politique et laisse place à la « nouvelle » génération des Sarkozy, Royal & Copé.
 Cette longévité en politique est encore une spécificité française. En Grande-Bretagne, Allemagne et Etats-Unis, le renouvellement est beaucoup plus rapide. Tchatcher, Adenauer ou Reagan sont depuis longtemps à la retraite, et la démocratie ne s’en porte pas plus mal.

La génération dorée championne du monde de football en 1998 est bel et bien terminée, comme en témoigne l’hommage qui leur a été rendu hier soir au stade de France. Alors, Monsieur Chirac, numéro 13, il est temps aussi de raccrocher les crampons !!!

Par mric - Publié dans : regard d'actu
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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /2006 11:36

 

     Le continent sud-américain est-il en train de basculer dans un de ces changements perceptibles à long terme seulement ?

      La question mérite d’être poser au vu des évolutions politiques récentes qu’il connaît. Après des décennies de dictature militaire jusqu’au début des années 80, puis un libéralisme forcené imposé par le Fonds Monétaire Internationale dans les années 90, l’Amérique du sud semble amorcer un virage important. Progressivement les partis de gauche prennent le pouvoir dans la quasi-totalité des pays de ce continent, dont les richesses géographiques contrastent avec la pauvreté ambiante. Ce basculement à gauche a été amorcé par l’élection de Lula au Brésil en 2002 (réélu en novembre 2006), puis complété successivement par celles de Nestor Kirchner en Argentine en 2003, de Tabaré Vazquez en Uruguay en 2005, de Michelle Bachelet au Chili et d’Evo Morales en Bolivie début 2006, de l’ancien leader sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua et de Rafael Correa en Equateur en novembre 2006.  Enfin la réélection du chantre de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, hier avec 60% des voix, confirme l’ancrage à gauche de l’Amérique du sud. Aujourd’hui, n’en déplaise à George Bush, seuls la Colombie et le Pérou parmi les grand pays du continent sont gouvernés par la droite.

      Evidemment la pauvreté ne va pas être éradiquée du jour au lendemain, la route sera longue pour effacer les traces de la colonisation et des dictatures précédentes. Cependant, même si Chavez et Lula n’ont pas la même vision, l’entraide entre les différents pays sud-américain permettra d’améliorer la situation économique et sociale. Ainsi, un axe de coopération commence à se dessiner entre le Brésil, le Venezuela et l’Argentine face au défi de la pauvreté et au « diktat » de la finance moderne. Ils ont pris conscience qu’unis, ils pourront surmonter les défis du siècle à venir et que l’Amérique du Sud peut devenir cette puissance attendue par tant d’autres avant eux. Un continent uni pourrait enfin émerger, tel que l’avait espéré Che Guevara notamment lors de ses nombreux voyages en Amérique du Sud. Alors, le rêve de Bolivar après les guerres d’indépendance, d’une union du Mexique à la terre de feu pourrait se réaliser : tous les peuples unis par une même espérance, dans un même combat marchant sur la route de la panaméricaine !

 

Par mric - Publié dans : regard d'actu
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /2006 01:04

        

Tout ça pour ça ! En tant que dignes journalistes, Jean-C mon compère du CFJ et moi avions décidé de vivre en direct le lancement de la nouvelle chaîne française d’information en continue France 24 sur les écrans géants du jardin des Tuileries à Paris. Autant dire que notre déception fût grande et nos efforts peu récompensés. Après avoir été refoulés par des policiers, malgré notre carte du CFJ, de l’espace presse du jardin des Tuileries, nous avons dû lutter pour accéder à un autre écran géant situé devant l’Assemblée nationale. La centaine de policiers quadrillant la place de la Concorde nous obligeant à faire un tour énorme pour accéder au palais Bourbon. Arrivés juste à temps devant l’écran, nous assistons aux débuts manqués de France 24 (cf vidéo en bas de l'article) : commentaires en arabe et en anglais sans explications en français, logo et présentatrice décevants, entretien supprimé avec Jacques Chirac et son faible à cause des sirènes des fourgons de police. Nos premières impressions ne sont pas concluantes, espérons tout de même que la chaîne française d’info en continue saura se montrer à la hauteur de ses ambitions mondiales.

Voulue par le président de la République pour porter la vision de la France sur les enjeux internationaux à travers les cinq continents, France 24 souhaite en effet rivaliser avec les trois grandes chaînes d’information internationale que sont CNN, BBC et al-Jezira, désormais aussi diffusée en anglais. 170 journalistes de 27 nationalités différentes travailleront sur les canaux français et anglais. Si l’initiative de Jacques Chirac est louable, le défi est osé. Avec un budget annuel de 80 millions d’euros, la concurrence sera rude pour peser face aux deux mastodontes que sont CNN et al-Jezira qui bénéficient de 200 millions de dollars par an. Par ailleurs, l’absence de diffusion aux Etats-Unis (à l’exception de Washington DC & New York) constitue un handicap majeur pour une chaîne qui ambitionne de s’opposer à la vision jugée unilatérale des Etats-Unis sur le monde, transmise sur CNN.

Après un lancement décevant sur écran géant, France 24 sera diffusée sur Internet pour sa première journée d’existence. Elle ne sera lancée que ce soir sur le câble et le satellite à destination de l’Europe, l’Afrique et du Moyen-Orient. Si vous souhaitez jeter un coup d’œil dès à présent rendez-vous sur www.france24.com, où vous pourrez trouver en première mondiale un service de vidéo à la demande. 

 

 vidéo du lancement de France 24 à l'Assemblée nationale

 

 

 

 

 

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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 21:16

 

La salle était debout. Et les applaudissements nourris à la fin de son discours. De passage en France, le prix Nobel de la paix 2006 tenait ce soir une conférence au palais des congrès à Paris. Invité par l’association « Reporters d’espoirs », Muhammad Yunus, le père du micro-crédit, a raconté son parcours et son action à la tête de la Grameen Bank au Bangladesh.

            Professeur d’économie aux Etats-Unis, il prend conscience dans les années 60 du fossé existant entre les théories qu’il enseigne et la réalité. Réalité caractérisée par la pauvreté, que ne parviennent pas à éradiquer les meilleures théories économiques. Il se décide alors en 1966, à prêter de l’argent aux pauvres désireux de financer leur artisanat : 27 dollars répartis entre… 42 personnes ! Le micro-crédit était né. Les prêts de petite somme se multiplient, et à chaque fois les emprunteurs parviennent à rembourser. En 1983, Muhammad Yunus crée la Grammen Bank, la première banque des pauvres. Aujourd’hui 80% des familles pauvres du Bangladesh bénéficient du micro-crédit, pour financer l’achat de vaches, des travaux d’irrigation ou encore la fabrication de petits objets de décoration vendus par des mendiants.

            Partant du principe que « la pauvreté et la paix ne peuvent pas coexister », Muhammad Yunus cherche à développer encore le micro-crédit pour permettre à des millions de gens de sortir de la pauvreté. D’ici 10 ans, il espère que 100% des familles pauvres bangladaises auront accès au micro-crédit.

            Au-delà du Bangladesh, le prix Nobel de la paix prône le développement d’une nouvelle logique économique dans le monde entier. Il s’agit, selon celui qui se veut « prêteur d’espoir », d’inciter les pauvres à s’en sortir en les aidant à financer leurs activités et non en se contentant de les assister : donner 1 dollar à celui qui vient d’en gagner un, inciter les sans-abris à vendre de l’artisanat plutôt que d’attendre et mendier. Le second aspect de cette nouvelle logique est de développer le « social business ». C'est-à-dire que les entreprises réinvestissent leurs profits dans leurs structures au lieu de les distribuer à leurs actionnaires. Muhammad Yunus a ainsi évoqué l’exemple de Danone, qui en coopération avec la Grammen Bank, a créé au Bangladesh une usine respectant le « social business ».

            Muhammad Yunus, le banquier des pauvres, rêve qu’un jour, dans 60 ans, la pauvreté soit éradiquée. Rien n’est malheureusement moins sûr. En attendant, il continuera à porter l’espoir chez des millions de gens. C’est pour porter cet espoir mais aussi en relayer d’autres, que l’association « Reporters d’espoirs » va créer en 2007 une agence de presse à destination de tous ceux qui font l’actualité. Pour dire dans les journaux, que dans l’environnement, la science, l’économie, des solutions d’espoirs existent.

Par mric - Publié dans : regard d'actu
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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 22:04

Durant deux jours, des milliers d’anonymes, fidèles ou non, sont venus dire adieu à l’abbé Pierre. Dans la chapelle du Val de Grâce, tout était organisé pour saluer « l’apôtre des pauvres ».Voire trop au goût de certains croyants.  

            Panneaux d’affichages dans la rue, policiers postés pour réguler le trafic, sens de circulation strictement imposé. L’organisation est réglé dans les moindres détails, pour accueillir les anonymes venus en masse dire adieu au fondateur d’Emmaüs dans la chapelle de l’hôpital du Val de Grâce. Dès le boulevard du Port-Royal, des panonceaux accrochés au mur indiquent la marche à suivre. Il ne faut  pas descendre le boulevard jusqu’à l’hôpital, mais prendre la rue Saint Jacques permettant d’accéder à l’ancienne chapelle. Malgré les indications, nombreux sont ceux qui sont contraint de faire demi-tour après s’être dirigé dans la mauvaise direction.

            Sur le trottoir devant la chapelle, plusieurs policiers, impassibles, veillent à ce que les gens suivent la file d’attente. En raison de l’affluence depuis l’ouverture de la chapelle mercredi, les milliers de personnes venus rendre hommage à l’abbé Pierre doivent s’engouffrer derrière des barrières métalliques. Puis attendre patiemment, malgré le froid glacial, de pouvoir rentrer dans l’édifice religieux. « Depuis deux jours, il y a plein de monde dès 9 heures du matin », explique James Rupprecht, compagnon d’Emmaüs depuis cinq ans. Comme cet Américain, plusieurs membres de la communauté sont installés devant la chapelle pour assurer la bonne circulation des gens.

            A l’intérieur, le rituel est bien rodé. En file indienne, l’entrée se fait par la porte droite du bâtiment. Tout le monde est invité à remonter l’allée, sans s’attarder devant les bouquets de fleurs et les messages laissés sur le côté, compte tenu des gens qui attendent encore dehors.  Les nombreuses personnes qui « traînent », un petit carnet à la main, pour recopier une des pensées de l’abbé Pierre affichées au mur, se font rappeler à l’ordre. « Avancez s’il vous plaît », scandent inlassablement les gardiens. Arrivés au niveau du chœur, une grande photo du « petit père des pauvres » au sourire bienveillant accueille  les fidèles. Ceux-ci sont invités à bénir son cercueil sur lequel trônent son célèbre béret et sa canne. L’ambiance est solennelle et l’émotion palpable, mais les croyants qui veulent s’arrêter plus longuement pour prier n’en n’ont pas la possibilité. Ils doivent continuer par l’allée de gauche. « On ne peut pas vraiment se recueillir dans la chapelle car il y a beaucoup de monde. C’est dommage », regrette Roxane Bricet, étudiante venue spécialement après ses cours, pour prier pour l’abbé Pierre, qu’elle avait rencontré lors de sa confirmation.

 

Cohabitation difficile

         Dans la petite chapelle, le défilé ininterrompu d’anonymes, croyants ou non, continue. Jeunes ou plus âgés, tout le monde avance de manière disciplinée, accompagné par le tintement des cloches. La dizaine de messages de solidarité du fondateur d’Emmaüs affichés sur les murs laissent pensifs les personnes présentes. Chacun médite sur ces réflexions. Seuls les pleurs d’une femme qui se sent mal viennent troubler ce silence. Aussitôt un homme s’approche d’elle pour l’aider et lui demander si tout va bien. Mais rapidement cet embryon de discussion gêne des fidèles en train de prier au fond de la chapelle. La cohabitation entre croyants venus prier pour l’homme d’Eglise et laïques simplement là pour saluer le défenseur des sans-abri, est décidément difficile.

            A la sortie de la chapelle, tous se retrouvent pour remercier « le pape des pauvres ». Plusieurs registres de condoléances sont installés sur des tables, pour permettre à chacun de laisser un mot ou d’envoyer des dons. « Je suis là pour rendre hommage à un grand homme. On a pas besoin d’être croyant pour le faire », insiste madame C, bénévole à la Croix-rouge. « La meilleure reconnaissance qu’on puisse lui rendre, c’est de continuer son action ». Là-dessus, au moins, tout le monde sera d’accord.

Par mric - Publié dans : regard d'actu
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