carnet de voyage

Vendredi 17 novembre 2006

 A vous Julien…

« Mesdames, messieurs, bienvenue dans cette nouvelle émission de questions pour un …. CHAMPION ! A vous de découvrir le  blogueur mystère de ce soir!   Tout de suite,  le 9 points gagnants » :

-Cette année là, Yannick Noah remportait Roland- Garros alors que notre blogueur naissait quelques mois plus tard… ?  1983
-20 années durant dans la ville-lumière, il a grandi… ? Paris
-Etudiant, il émigre à l’ouest chez les Bretons pour déguster du cidre et des crèpes, deux années dans cette bonne ville de … ? Rennes
-Pays de Goethe et de la bière, dans lequel il a passé deux années pour ses études ? Allemagne (Bavière)
-Désormais de retour en France, il a intégré la « prestigieuse école de la rue du Louvre », plus connue sous un autre nom ? Le Centre de Formation des Journalistes (CFJ)
-S’il n’ambitionne pas de devenir le prochain PPDA, il rêve plutôt de bosser pour un célèbre magazine de voyage, lequel ? Géo
-C’est l’un des grands moments du cinéma français et aussi l’un de ses films préférés ? L’incomparable Le père nöel est une ordure
-Le livre qu’il vous conseille absolument de lire ? Véronika décide de mourir, de Paolo Coelho
-Surnoms que ses amis lui attribuent ? Mric, Néric, Vlad, Vladouille, Enrique, Zoulou

« Vous avez une petite idée ? Allez, on continue à découvrir qui se cache derrière ce blog »
« Un indice pour vous, derrière votre ordinateur » : soif de voyage

« Qui suis-je ? Top : J’ai eu ma première carte de presse à l’age de 12 ans, mon poste : rédacteur en chef des sports du journal de vacances que j’avais créé avec mes cousins. Pas mal pour un début, non ? Du « journalisme sportif », j’ai évolué et je pencherais désormais plutôt pour le grand reportage. Mon rêve : bosser pour Géo, dont je suis un fidèle abonné. Mon ambition : parcourir « cet autre monde : la terre », pour en rapporter les mutations avant que la planète ne soit trop menacée. Après le Vietnam (projet humanitaire dans un orphelinat), et le Pérou cet été, mon prochain objectif, est de partir en septembre 2007 faire un reportage sur les îles menacées par le réchauffement climatique. Affaire à suivre, pour un jeune étudiant de première année au CFJ…. Je suis… Aymeric Barrault » !

Par mric
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 27 novembre 2006

    Les voyages forment la jeunesse et plus on voyage, plus on a envie de repartir vers de nouveaux horizons. A chaque fois c’est pareil, au moment de partir un léger pincement au cœur car il faut quitter son pays, sa famille et ses amis mais il y aussi cet attirement indescriptible vers l’étranger, cette impatience de découvrir l’Ailleurs. Le voyage ouvre de nouveaux horizons, permet de rencontrer des cultures étrangères et d’autres modes de vie. Voila qu’au moment de rentrer, l’envie n’y est plus et déjà la nostalgie est là. J’ai connu cet étrange sentiment en repartant de Saigon et de Lima. Sur le chemin du retour entre deux mondes, dans les nuages d’un doux rêve. De retour au bercail, la tête est encore là bas, ailleurs.

    Le voyage est comme une drogue, mais là si je suis accroc, c’est plutôt bon signe. Je veux quitter ce monde, pour Zion comme dirait Pierpoljak. De l’Inde au Canada, des quartiers de Saigon au Grand canyon, de l’Amérique du Sud à l’Australie. Je veux tout découvrir, parcourir Géo à ciel ouvert, tel un nouveau conquérant à la Christophe Colomb ou Vasco de Gama. Plus rien à découvrir sur notre bonne vieille terre diront certains ? Au contraire elle offre une extraordinaire diversité de paysages et de cultures, qu’il faut se hâter de connaître avant que notre planète ne soit totalement menacée. Partir loin, c’est avant tout un voyage intérieur, dans lequel l’on se retrouve face à soi-même et à l’immensité de paysages majestueux.

    Ami suis-moi, prenons la route, non pas le train de la modernité mais la route déserte, celle qui nous mène au bout du monde. Retrouvons Jack Kerouac, Jules Verne, Jack London et les autres, ils nous attendent à l’horizon…

Par mric
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 2 février 2007

 

 

                                                                      crédit: Pascal Maitre

 

De l’Inde à la Somalie, le photoreporter Pascal Maitre, 51 ans, a parcouru le monde entier. Avec toujours la même envie de témoigner, de raconter un événement. Portrait d’un photographe solitaire, qui préfère rester derrière l’objectif que devant pour se dévoiler.  

            L’Afrique est sa terre de prédilection, la photo couleur son mode d’expression, et le reportage sa passion. Cette passion inscrite en lui, il ne peut la cacher. Ses gestes trahissent son métier de photoreporter. Lorsqu’il s’exprime, il ne peut s’empêcher de gesticuler des mains, sans doute trop habitué à manier l’appareil photo. Quand il vous parle, il vous fixe droit dans les yeux, comme s’il visait dans l’objectif de son reflex.

            Plus qu’une passion, la photographie exerce même une fascination chez Pascal Maitre, qui avoue trouver « un côté magique dans l’image ». Cette attirance pour la photographie a commencé dès l’enfance. À 14 ans, avec l’appareil offert par « son oncle d’Amérique ». Des premiers clichés de débutant, il passe au club-photo du lycée, puis rapidement, déjà, ce besoin de partir. À 18 ans, il franchit le pas en partant un mois en Inde. Tout seul, avec son appareil en bandoulière.

            La solitude constitue une constante dans son travail. Presque un besoin. Même s’il s’en défend volontiers. « Je ne recherche pas forcément à être seul à travers mes reportages », coupe le photographe berrichon lorsqu’on l’interroge. Pourtant, il aime partir en solo plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans des pays lointains pour les besoins d’un magazine. S’il est entouré, il avoue ne plus pouvoir travailler efficacement. « En France, je n’arrive pas à me concentrer à cause des sollicitations des amis et de ma famille ». Tel un plongeur en apnée, il doit s’enfermer dans sa bulle lorsqu’il part en reportage.

À travers cette solitude, Pascal Maitre aspire aussi à une certaine forme de liberté. C’est pourquoi il a toujours préféré travailler en indépendant qu’affilié à une structure journalistique fixe. Après trois ans de collaboration au magazine Jeune Afrique à ses débuts, puis quatre années à l’agence  Gamma, il s’est affranchi de toute hiérarchie. Aujourd’hui, après plus de 25 ans passés autour du monde, il n’envisage toujours pas de « poser ses valises ». « Je pourrais travailler au service photo d’un magazine français, mais les contraintes hiérarchiques ne me conviennent pas ».

« La photo, c’est comme la radio »

Même s’il éprouve parfois une certaine lassitude à voyager et laisser des nouveaux amis aux quatre coins de la terre, il ressent toujours la même envie de partir en reportage. Pour témoigner, « raconter une histoire », comme il se plaît à définir son travail. Cette envie  d’informer les lecteurs sur des sujets géopolitiques dans des zones sensibles est la marque de fabrique du photoreporter, qui travaille en ce moment sur le Sahel. « Dans mes photos, je suis plus concerné par l’information que l’esthétique », insiste celui qui collabore notamment aux magazines Géo et National Geographic. Outre cette volonté d’informer, Pascal Maitre cherche aussi à faire jouer l’imaginaire du lecteur. En ne montrant qu’un morceau de la réalité, ses images doivent laisser libre cours à l’interprétation. « La photo c’est comme la radio, on ne prend qu’un bout du sujet pour que l’imaginaire puisse fonctionner après… ».

Comme ses clichés, Pascal Maitre garde une part d’ombre, de mystère. L’homme, doué derrière l’appareil, apparaît moins à l’aise devant l’objectif. S’il parle volontiers de ses prises de vue, il ne se dévoile pas facilement et reste discret sur lui-même. Comme s’il voulait se montrer à contre-jour pour se protéger. Ses peurs lorsqu’il couvre des zones de conflit ? À peine évoquées alors qu’il rappelle qu’un photographe norvégien a été tué à Mogadiscio quinze jours après qu’il y soit lui-même passé. Son malaise à photographier certaines scènes ? « On est parfois révolté mais la vie reprend toujours le dessus », lâche-t-il presque trop facilement en évoquant le portrait d’un mutilé réalisé lors de la guerre du Mozambique en 1988. Sa famille ? Il préfère ne pas trop s’étendre dessus.

Décidément, le photoreporter n’aime pas être devant l’objectif. Face à ses interlocuteurs, sa carrure physique impressionne. Il veut se montrer fort, presque sans sentiment, comme s’il portait une carapace pareil à un filtre instaurant une distance entre le sujet et le photographe. Plus que de la timidité, il s’agit d’une habitude de tout maîtriser dans n’importe quelle situation. Ne rien montrer face à ses interlocuteurs est la règle d’or du photographe.

Durant ses voyages, en Afrique et en Afghanistan principalement, Pascal Maitre a en effet été confronté à la violence et aux horreurs de la guerre. Il a ainsi appris à se méfier de tout le monde, pour éviter d’être pris en otage ou de tomber sous les balles de sniper. Même à sa famille, il parle peu des dangers ou des craintes qu’il peut ressentir lors de reportages à l’étranger. A fortiori encore moins à un journaliste inconnu.

Sans doute, son expérience sur le terrain explique-t-elle sa volonté de ne pas se livrer facilement. Son besoin de rester enfermé dans sa carapace. Sa part d’ombre.

Par mric
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 20 avril 2007

 

Métro Bercy, 18h. Sur le terre-plein devant le palais Omnisports, le meeting a déjà commencé. À peine franchies les dernières marches de l’escalier, une nuée de bras tendent des prospectus. Propagande centriste versus contre-propagande socialiste. L’armée orange de tee-shirts, « Nous c’est Bayrou », affronte la brigade des MJS. Par « désirs d’avenir », ces derniers vont même jusqu’à distribuer une « lettre aux électeurs indécis ». A trois jours du scrutin, tous les moyens sont bons pour grappiller quelques voix. 

Pour rentrer dans l’antre de la Bayroumania, il suffit de suivre le mouvement. Les militants orange sont omniprésents. Droit devant, le POPB brille dans le soleil de cette fin de journée. La foule se fait compacte, mêlant des cadres en costume et des étudiants plus décontractés, un hot-dog à la main. Plus loin, une fanfare improvisée accueille, sur un ton jazzy, un groupe venu en car de la Sarthe. Tout le monde doit se prêter à une fouille, avant de pénétrer véritablement dans l’immense salle de Bercy.

A une demi-heure du début officiel du meeting, les gradins centraux et latéraux regorgent de sympathisants UDF. Chacun défend sa région, au-delà de convictions communes. A gauche, une pancarte « la Somme avec Bayrou » rivalise avec un fan-club de la Mayenne. L’ambiance est survoltée. Sur fond de musique techno, les « sexys centristes » scandent inlassablement « Bayrou président ». Une ola peine à parcourir le hall, désormais blindé de monde. Ce soir, le troisième homme rassemblera plus de 15000 personnes. Record de la campagne.

 

Bayrou s’offre un bain de foule, Marielle de Sarnez danse sur les marches

Et soudain, une rumeur se met à parcourir la salle. Oui, après une heure de retard, voici François Bayrou qui surgit enfin. Ce qui n’était pas prévu, c’est qu’il arrive par le haut des gradins. Durant un gros quart d’heure, il s’offre un bain de foule, serrant des mains dans tous les sens. Ses gardes du corps peinent à repousser les sympathisants surexcités et les photographes qui jouent à la guerre des flashs. Derrière, Marielle de Sarnez, la directrice de campagne, descend les marches tout sourire, en dansant. La Bayroumania est à son comble, chacun veut toucher son idole. Bercy se transforme en salle de concert et Bayrou en est devenu la rock star.

Arrivé sur scène, il salue ses milliers de « chers amis » venus le soutenir pour ce dernier meeting avant le premier tour. Sur l’écran géant, son visage apparaît, les yeux brillants et les mains tremblantes traduisent une émotion non feinte.

Le président de l’UDF prend alors la parole. Une heure pour galvaniser ses troupes et convaincre les derniers indécis. Dans un discours particulièrement offensif, il en appelle à la « révolution orange » au soir du 22 avril. « Nous ne sommes pas là pour faire un score, nous sommes là pour gagner : car sinon ils rebâtiront leur forteresse, et tout recommencera comme avant. » En comparant la situation actuelle, à celle de la Résistance, François Bayrou à invité les Français et ses adversaires politiques à dépasser les clivages. « Lorsqu’il s’agit de reconstruire le pays, il faut que tout le monde unisse ses forces. » Tonnerre d’applaudissements.

Devant de nombreux étudiants et enseignants, le candidat centriste a ensuite professé son credo. « Il y a de la droite en moi : je veux de la rigueur et de la sécurité. Il y a de la gauche en moi : je veux l’égalité, la solidarité avec les plus faibles. Enfin, il y a du centre en moi : équité, justice, fraternité. »

Bercy, 21h40. Le discours touche à sa fin. Les « Bayrou président » se multiplient alors que les premiers sympathisants quittent le POPB. On remballe les tee-shirts orange et les appareils photos. Les tracts s’accumulent sur le sol. Le rideau tombe sur la Bayroumania. La salle entonne la Marseillaise, « Allons enfants de la patrie... le jour de gloire est arrivé». Réponse le 6 mai à 20h.

 extrait du meeting

Par mric
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 3 juin 2007

Dans son collège de Nazareth, il organise des échanges entre élèves musulmans et juifs. Il éduque les enfants à connaître l’autre, car selon lui, Israéliens et Palestiniens doivent d’abord s’apprivoiser avant de faire la paix.

 

 

 

 

 

 

           

 Nous sommes en retard, mais le Père Shoufani s’excuse d’avance car du coup, il ne pourra dialoguer avec nous aussi longtemps que prévu. Le curé de Nazareth nous accueille dans son collège Saint-Joseph, qu’il dirige depuis plus de trente ans. À 60 ans, celui qui est aujourd’hui archimandrite de l’Eglise grecque catholique, continue encore et toujours son combat pour la paix. Soutane noire, barbe blanche, il est à l’image de l’infatigable pèlerin.

            Le collège mixte Saint-Joseph compte 1300 élèves. La moitié sont des musulmans, l’autre moitié des chrétiens. Depuis 23 ans, des rencontres avec des écoles juives sont organisées trois fois par an. Les élèves participent même à une chorale commune. « Je veux des rencontres humaines, sans parler politique, mais simplement pour apprendre à se connaître », explique le Père. Né dans une famille arabe chrétienne et vivant en Israël, il incarne le dialogue multiconfessionnel qu’il prêche. « J’ai besoin de l’autre pour vivre », reprend-t-il comme leitmotiv mais « le problème dans ce pays, c’est la peur de l’autre ».

            « Le conflit israélo-palestinien est un conflit très profond, qui recouvre à la fois des problèmes géographiques et politiques. » Et pour arriver un jour à le résoudre et à vivre en paix, la réconciliation entre les deux peuples sera nécessaire. Mais, comme le souligne le Père Shoufani, « le dialogue n’a jamais été fait et on a toujours cherché à s’imposer par la force. »

 

            Symbole de réussite éducative

 

            Le dialogue entre chrétiens, musulmans et juifs est le maître mot du Père Shoufani. Pour surmonter les préjugés, pour dépasser la peur de l’autre. C’est dans cette optique qu’il a organisé en 2003 un pèlerinage commun dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. « À Auschwitz, nous avons demandé aux juifs, qu’ils nous disent, à nous chrétiens et musulmans, ce qu’ils ressentent. Qu’on communie ensemble. » Cette courageuse initiative lui a valu le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 2003.                        

            S’il encourage les jeunes générations palestiniennes à dialoguer avec les Israéliens, il demande aussi à ce que chrétiens et juifs apprennent à mieux connaître l’Islam. « Nous en avons peur car nous ne le connaissons pas. » Par conséquent, le monde occidental, qui assimile souvent Islam et islamisme, ne s’y intéresse pas et n’entend pas « le cri de souffrance des musulmans ». Dans de nombreux pays musulmans autoritaires, selon le Père Shoufani, les populations souffrent de l’absence de droits de l’homme et de la démocratie. Mais comme elles sont opprimées et que les occidentaux ne les écoutent pas pour mettre fin à de tels régimes, seul le discours religieux est là pour éponger l’envie de révolte.

            Si le Père mise sur le dialogue interreligieux dans son école, il insiste par ailleurs sur la réussite scolaire. Et le résultat est brillant. L’année dernière, le collège Saint-Joseph de Nazareth a obtenu les meilleurs résultats au bac israélien. Artisan de paix, le Père Shoufani est aussi un symbole de réussite éducative.

avec les Israéliens, il demande aussi à ce que chrétiens et juifs apprennent à mieux connaître l’Islam. « Nous en avons peur car nous ne le connaissons pas. » Par conséquent, le monde occidental, qui assimile souvent Islam et islamisme, ne s’y intéresse pas et n’entend pas « le cri de souffrance des musulmans ». Dans de nombreux pays musulmans autoritaires, selon le Père Shoufani, les populations souffrent de l’absence de droits de l’homme et de la démocratie. Mais comme elles sont opprimées et que les occidentaux ne les écoutent pas pour mettre fin à de tels régimes, seul le discours religieux est là pour éponger l’envie de révolte.

Si le Père mise sur le dialogue interreligieux dans son école, il insiste par ailleurs sur la réussite scolaire. Et le résultat est brillant. L’année dernière, le collège Saint-Joseph de Nazareth a obtenu les meilleurs résultats au bac israélien. Artisan de paix, le Père Shoufani est aussi un symbole de réussite éducative.

Par mric
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus