Le continent sud-américain est-il en train de basculer dans un de ces changements perceptibles à long terme seulement ?
La question mérite d’être poser au vu des évolutions politiques récentes qu’il connaît. Après des décennies de dictature militaire jusqu’au début des années 80, puis un libéralisme forcené imposé par le Fonds Monétaire Internationale dans les années 90, l’Amérique du sud semble amorcer un virage important. Progressivement les partis de gauche prennent le pouvoir dans la quasi-totalité des pays de ce continent, dont les richesses géographiques contrastent avec la pauvreté ambiante. Ce basculement à gauche a été amorcé par l’élection de Lula au Brésil en 2002 (réélu en novembre 2006), puis complété successivement par celles de Nestor Kirchner en Argentine en 2003, de Tabaré Vazquez en Uruguay en 2005, de Michelle Bachelet au Chili et d’Evo Morales en Bolivie début 2006, de l’ancien leader sandiniste Daniel Ortega au Nicaragua et de Rafael Correa en Equateur en novembre 2006. Enfin la réélection du chantre de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, hier avec 60% des voix, confirme l’ancrage à gauche de l’Amérique du sud. Aujourd’hui, n’en déplaise à George Bush, seuls la Colombie et le Pérou parmi les grand pays du continent sont gouvernés par la droite.
Evidemment la pauvreté ne va pas être éradiquée du jour au lendemain, la route sera longue pour effacer les traces de la colonisation et des dictatures précédentes. Cependant, même si Chavez et Lula n’ont pas la même vision, l’entraide entre les différents pays sud-américain permettra d’améliorer la situation économique et sociale. Ainsi, un axe de coopération commence à se dessiner entre le Brésil, le Venezuela et l’Argentine face au défi de la pauvreté et au « diktat » de la finance moderne. Ils ont pris conscience qu’unis, ils pourront surmonter les défis du siècle à venir et que l’Amérique du Sud peut devenir cette puissance attendue par tant d’autres avant eux. Un continent uni pourrait enfin émerger, tel que l’avait espéré Che Guevara notamment lors de ses nombreux voyages en Amérique du Sud. Alors, le rêve de Bolivar après les guerres d’indépendance, d’une union du Mexique à la terre de feu pourrait se réaliser : tous les peuples unis par une même espérance, dans un même combat marchant sur la route de la panaméricaine !
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