"Grenelle, l'heure des choix" (Le Figaro), "Grenelle, c'est parti" (Libération), "L'heure du choix" (Le Monde), "Et maintenant, des actes" (Métro). Ce matin, dans la presse, le grand ramdam de l'environnement s'affiche sur toutes les unes.
Après 4 mois de concertation entre ONG, ministres, acteurs de la fonction territoriale et experts, les Etats généraux de l'environnement se sont achevés cet après-midi avec les deux premières tables rondes, concernant les transports, l'habitat et l"énergie.
Qu'en ressort-il? Une écopastille, un moratoire sur la construction de nouvelles autoroutes et aéroports, un bilan énergétique pour imposer des habitations "passives" (voir article sur les écoquartiers, dans les archives). Les propositions sont alléchantes, même si certaines options phares sont absentes: la taxe carbone, chère à Nicolas Hulot, la réduction de la vitesse sur les routes de 10 km/h, fortement critiquée par les députés UMP!
Demain, d'autres solutions seront proposées sur la délicate question des OGM, notamment. Mais au final, seul Nicolas Sarkozy fixera les derniers arbitrages. Lors d'une conférence de presse en grande pompe avec Al Gore, en guest-star fraîchement nobélisé.
Alors le président ne peut décevoir en ne proposant que des demi-mesures. La référence, si souvent citée envers les accords de Grenelle de 1968, ne doit pas être un leurre. A en croire les sondages, les Français sont prêts à modifier leur comportement, pour passer à une consommation durable. Mais, ils devront eux aussi être cohérent avec eux-mêmes et ne pas rejetter demain, des taxes sur les pollueurs qu'ils réclament aujourd'hui.
On le voit, à la veille de ce qui peut constituer un tournant historique pour la France, les risques existent des deux côtés. Et le danger d'un rendez-vous manqué semble plus fort que jamais.
"Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs", constatait lucide Jacques Chirac à Johannesburg en 2002. Son successeur, chantre de la rupture, se doit de rompre aussi avec cette logique. Pour éteindre l'incendie.
Commentaires